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Lexique : A - H

Alicatado : Mot d'origine arabe probablement formé à partir d' alcâ'ât relatif à ce qui appartient à des patios. Il désigne une combinaison de fragments de céramiques vitrifiées de différentes tailles et de formes géométriques variées

Argile : Roche sédimentaire meuble qui, imbibée d'eau, forme une pâte plus ou moins plastique qui peut être façonnée et qui durcit à la cuisson.

Arista : Technique de décor consistant à appliquer un moule de bois où est reproduit le décor sur la terre crue formant ainsi des arêtes saillantes qui vont isoler les différents émaux colorés.

Azulejo : Carreau de céramique émaillée. Le mot ne vient pas de azul, "bleu" en espagnol, mais de l'arabe al zuleja qui signifie petite pierre polie. L'idée était à l'origine d'imiter les mosaïques romaines, assemblage de petites pierres polies, par la juxtaposition de petits tessons de faïence.

Barbotine : fine argile délayée dans l'eau et très fluide. En modelage, elle peut servir de colle pour l’assemblage, mais c’est surtout la terre utilisée pour le coulage de pièces dans des moules de plâtre. Par extension, ce terme désigne fréquemment la pièce coulée elle-même, après avoir été décorée.

Biscuit : Céramique qui n'a subi qu'une première cuisson de dégourdi. Il pourra ensuite être émaillé et décoré puis subir une deuxième cuisson, à plus haute température, pour vitrifier l'émail.

Bordure : Motif décoratif qui entoure une scène ou un motif central. Elle peut, au gré du décorateur, former un rond, un carré, un hexagone ou un octogone, avec des motifs très variés.

Carreau de poêle : Carreau dont le tesson est épais et lourd afin que la chaleur du poêle puisse rayonner.

Céladon : porcelaine chinoise de couleur bleue-verte. Le mot vient probablement de Sãlãh-ed-dîn (Saladin), Sultan d'Egypte, qui aurait offert 40 pièces de cette céramique à glaçure verte translucide au Sultan de Damas en 1171. On dit aussi que ce mot proviendrait de la couleur verte des rubans du costume du berger Céladon, personnage du célèbre roman pastoral L'Astrée écrit au XVIIème siècle par Honoré d'Urfé. En chinois, cela s'appelle 'Doh chin' qui signifie 'émail couleur de haricot', et en japonais 'Seiji'. Le céladon est particulièrement apprécié en Asie car il a la couleur du jade, la pierre sacrée.

Céramique : ce mot provient du grec ancien (kéramos) qui signifie "terre à potier" ou "argile". Ce mot grec provient d'une racine sanscrite signifiant "faire brûler". La céramique regroupe plusieurs branches : la terre cuite ou poterie, la faïence, le grès, la porcelaine. Ces branches doivent leurs qualités distinctives tant à la composition de la pâte argileuse qu'aux modalités de décoration et de cuisson. On distingue deux grandes catégories de céramique : à pâte poreuse (terres cuites et faïences) et à pâte imperméable (porcelaines et grès).

Chamotte : Argile cuite puis broyée que l'on incorpore à de l'argile crue pour lui donner une consistance qui facilite le modelage en limitant l'affaissement de la terre par l'effet de la pesanteur.

Colombin : petit rouleau d'argile permettant de confectionner des pièces par superposition des ces rouleaux.

Corde sèche ou Cuerda seca : Technique de décoration consistant à tracer le contour du décor d'un trait de matière grasse colorée. Les couleurs appliquées à l'intérieur du contour demeurent ainsi séparées.

Couverte : Glaçure transparente.

Della Robbia : Famille florentine de sculpteurs et céramistes célèbres pour leurs sculptures et bas-reliefs en terre cuite émaillée. Luca della Robbia (vers 1400-1482) est le fondateur de l'atelier. Il a cherché et mis au point un processus pour pérenniser ses œuvres en terre cuite, en les émaillant, d'abord en blanc sur fond bleu, puis il travailla avec des émaux aux couleurs éclatantes, spécialement le vert et le jaune. Il a notamment apppliqué ces émaux sur des couronnes de fruits et de fleurs qui entourent les figures. Beaucoup d'œuvres des Della Robbia sont encore sur leur site d'origine à Florence et Sienne. Ses médaillons et reliefs de la Vierge à l'enfant sont remarquables.

Delft : Capitale de la céramique du nord de l'Europe. Après la conquête de la Flandre par les Espagnols en 1585, des artisans italiens se sont installés en Belgique et en Hollande, et en particulier à Delft. Ces artisans connaissaient les techniques de glaçure stannifère développées en Espagne (voir "azulejo"), puis en Italie. Au XVIIème siècle, les ateliers de Delft produisirent une céramique polychrome pour copier et concurrencer les porcelaines Kangshi chinoises et Imari japonaises. On connaît surtout le Delft bleu et blanc qui a été très imité en Europe au XVIIIème siècle, en particulier en Angleterre et dans le nord de la France. On peut voir des carreaux de Delft partout en Europe et dans les maisons coloniales nord-américaines.

Email : Glaçure opaque.

Engobe : Argile très délayée, qui peut être colorée, appliquée comme fond sur une pièce encore crue. Une fois cuit, l'engobe donne une finition très mate. On peut le recouvrir d'une fine couche de couverte pour lui donner un aspect brillant. Les persans et les ottomans (voir Iznik) peignaient les décors sur engobe puis les recouvraient d'une glaçure.

Faïence : Terme dérivé de la ville de Faenza en Italie, réputée pour ses majoliques. Ce terme désigne les carreaux et les objets recouverts d'un émail opaque.

Figura avulsa : Carreau d'azulejo typique de la production portugaise des XVIIème et XVIIIème siècles représentant un motif principal (fleur, fruit, animal, bateau, personnage…), généralement avec un motif d'angle. On sent dans ces carreaux l'influence hollandaise.

Figura de convite : Azulejo représentant un personnage grandeur nature (laquais, courtisan, guerrier…), disposé soit dans un escalier, soit dans un jardin, et dont la fonction est d'accueillir les visiteurs.

Glaçure : La glaçure est un enduit vitrifié proche du verre. Destiné à imperméabiliser un tesson céramique poreux, la glaçure sert de support au décor. Si la glaçure est opaque, on parlera d'émail, et si elle est transparente, on parlera de couverte.

Glaçure stannifère : Les glaçures ont été longtemps à base de plomb, ce qui les rend vitreuses. En y ajoutant de l'oxyde d'étain, on a pu obtenir des glaçures opaques, blanches, mieux adaptées pour servir de support à un décor peint.

Grand feu : Désigne un décor peint sur la glaçure stannifère crue. A la cuisson, les pigments des oxydes métalliques colorés vont se fondre à haute température (environ 1.000° C) dans la glaçure de manière permanente.

Hispano-mauresque : Qualifie la production espagnole d'entre les XIIIème et XVIème siècles dont les décors sont d'influence maure. Les principaux centres de production sont Séville, Valence et Tolède.

Lexique : I - Z

Iznik : Cette ville d'Asie Mineure, aujourd'hui en Turquie, était autrefois appelée Nicée. Elle fut le centre le plus important de production de céramiques ottomanes entre le XVème et le XVIIème siècles. Les décors représentés sont souvent des décors floraux, des tulipes et œillets en particulier, d'une très grande finesse et aux couleurs éclatantes, notamment un rouge vif. Ces céramiques ornent les murs de la plupart des mosquées et palais de l'antique Constantinople, actuelle Istanboul (palais de Topkapi, Mosquée de Soliman ou Mosquée Bleue, entre autres merveilles). Soliman le Magnifique en a fait aussi recouvrir le Dôme du Rocher, sur le mont du Temple à Jérusalem. De très beaux plats et carreaux de revêtement sont exposés dans les grands musées : Louvre, Musées de Sèvres et d'Ecouen, en France, British Museum et Victoria & Albert Museum, à Londres, etc.

Loseta : Carreau de faible épaisseur et de petite taille ; le plus souvent de forme carrée, elles peuvent être placées sur la pointe et constituent ainsi des compositions en damier oblique.

Majolique : Terme italien dérivé probablement de l'Ile de Majorque par où transitaient vers l'Italie au XVème siècle les faïences à reflets métallisés de Malaga ou Valence. Il a été repris en italien pour désigner toute faïence peinte sur glaçure stannifère. En France, on l'applique essentiellement aux faïences italiennes de la Renaissance.

Masséot Abaquesne : Natif de Cherbourg, Masséot Abaquesne (vers 1510-vers 1560) est le premier à fabriquer des faïences décorées en France dans son atelier installé près de Rouen. Son œuvre est représentative de l'art de la Renaissance arrivé en France à l'occasion des guerres d'Italie : thèmes mythologiques et décors de grotesques l'inspirent souvent. Il travaille pour les Grands de l'époque, notamment pour le connétable Anne de Montmorency pour lequel il réalise un vaste pavement pour son château d'Ecouen. Pavement toujours en place. À La Bâtie d'Urfé, dans le Forez, il réalise en 1557 le pavement de la chapelle, aujourd'hui en partie exposé au Louvre. Il a fabriqué plus de 4.000 pots de pharmacie pour un apothicaire de Rouen. Pots souvent ornés de visages de profil aux allures sévères et de guirlandes de fruits à la manière des Della Robia.

Motif d'angle : Motif décoratif qui orne les quatre coins d'un carreau.

Mudéjar : Musulman vivant en milieu chrétien. Le style mudéjar caractérise celui de l'Espagne du XIIIème au XVIème siècles, mêlant des éléments d'art chrétien et arabe.

Navette : En espagnol Alfardón, désigne un azulejo hexagonal de pavement. Disposé autour d'un carreau carré, il se forme ainsi une composition en octogones.

Oxydation : Type de cuisson demandant une combustion parfaite, avec surplus d'oxygène, qui permet aux métaux contenus dans l'argile et la glaçure de conserver la couleur de leurs oxydes.

Oxydes colorants : Oxydes naturels de métaux entrant dans la composition des pigments de couleur. Les principaux sont : - le fer : donne des bruns et ocres en cuisson oxydante, et des vert céladon et gris en réduction. - le cuivre : donne des verts, souvent métallisés, en oxydation, et du rouge en réduction. - le cobalt : donne des bleus. C'est la couleur la plus utilisée pour la décoration des carreaux de Delft ou du Portugal. - le chrome : donne des verts, des bruns. - le manganèse : donne des bruns violacés. C'est également une couleur très courante de décoration des carreaux hollandais, parfois combinée avec du bleu. - l'antimoine : donne du jaune.

Palissy : Bernard Palissy (1510-1589) est un homme aux multiples talents : potier, chimiste, naturaliste, sculpteur et écrivain. Il est célèbre pour avoir perfectionné la technique des émaux de couleur. Il a décrit lui-même ses expériences acharnées, et raconté que ruiné, il a dû brûler ses derniers meubles pour alimenter son four. Il est surtout connu en céramique pour sa grande production de faïences avec des décors en relief de plantes, de fruits et petits animaux appelées "rustiques figulines". Recevant le titre d'"Inventeur des rustiques figulines du Roy et de Monseigneur le Connétable de Montmorency", Bernard Palissy est chargé de la décoration d'une grotte "rustique" dans le jardin du château d'Ecouen. Cette protection lui permet d'échapper, en tant que huguenot, aux persécutions et condamnations catholiques. Un peu plus tard, c'est la Reine Catherine de Médicis qui lui commanda une grotte au Jardin des Tuileries. Toutefois, il ne pourra échapper à l'emprisonnement et mourra à la Bastille en 1589.

Petit feu : Décor appliqué sur une glaçure ayant déjà subi une cuisson. La cuisson du décor se fait à une température inférieure, ce qui le rend plus fragile.

Piccolpasso : Cipriano Piccolpasso (1523-1579) est un célèbre potier italien natif de Castel Durante, dans le duché d'Urbino, en Ombrie. Il publia en 1557 le premier traité sur la fabrication des majoliques : "Les trois livres de l'Art du Potier". L'ouvrage est illustré de nombreux dessins de sa main. Il est le contemporain de Bernard Palissy.

Pombalin : L'expression azulejo pombalin qualifie un type d'azulejo qui a ses bordures propres, avec alternance d'un carreau à motif radial et d'un autre à motif en X. Il doit son nom au marquis de Pombal (1699-1782) ministre du roi Joseph Ier, qui fit reconstruire Lisbonne après le tremblement de terre de 1755.

Poncif : Travail préparatoire qui consiste à reporter les contours d'un motif sur une feuille de papier calque et de les percer de petits trous à travers lesquels va pouvoir se déposer le charbon de bois ("ponce") dont on va frotter la feuille appliquée sur la surface à décorer recouverte de glaçure. En enlevant la feuille, on découvre les lignes formées de petits points qui suivent le tracé du dessin et qui vont servir de guide au peintre.

Porcelaine : céramique à pâte dure obtenue à partir d'un mélange à base de kaolin qui lui confère la particularité d'être blanche et translucide après la cuisson. Ce type de céramique fut mis au point en Chine vers l'an 800. Le mot vient de l'italien porcellana, nom donné à un coquillage blanc laiteux dont l'aspect ressemble à celui de la porcelaine. Ce coquillage étant ainsi nommé parce que sa forme évoquait celle du vagin d'une truie (porcella, petite truie en latin). Le mot chinois est Petuntse, ce qui signifie "pâte dure". On raconte qu'un prussien nommé Johann Schnorr découvrit au début du XVIIIème du kaolin collé aux sabots de son cheval. C'est à Meissen, en Saxe, qui furent produites en 1710 les premières porcelaines européennes.

Qallaline : désigne la production de carreaux de faïence tunisiens de l'époque ottomane. De très beaux exemples peuvent être admirés au Palais du Bardo de Tunis, ancienne résidence des beys de Tunis.

Rajola : Nom de l'azulejo de la région de Valence et Catalogne.

Réduction : Caractérise une cuisson où l'entrée d'air dans le four est limitée. Le carbone contenu dans le combustible ne trouvant pas assez d'oxygène pour se combiner à lui, il va utiliser l'oxygène des oxydes des glaçures et tessons. Ces matériaux, privés de leur oxygène sont réduits à l'état de métaux purs et leur coloration en est profondément modifiée.

Stannifère : Qui contient de l'étain (voir glaçure).

Tomette : Carreau de terre cuite de forme hexagonale.

Vernis : enduit brillant et transparent, à base de plomb, qui recouvre les terres vernissées. On tend à préférer le terme de glaçure.