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Technique faïence

1_tour_potier_argileL'atelier emploie les mêmes techniques artisanales et les mêmes matériaux qu'à la Renaissance.
L'argile est préparée et pétrie à la main ; chaque carreau est fabriqué en écrasant l'argile à la paume de la main dans un moule (« estampage » à la main). Les objets sont fabriqués soit au tour à pied (voir photo) soit à l'aide de moules en plâtre. Selon l'épaisseur de l'argile, carreaux et objets doivent sécher une à trois semaines avant leur première cuisson. Après cette première cuisson (« dégourdi »), les biscuits sont prêts à être recouverts d’émail. Les carreaux sont nappés d'émail à la main (voir photo); les objets sont en général plongés dans un bain d'émail.

3bis_poncif_azulejosPour réaliser les décors, nous utilisons la technique séculaire du « poncif » (voir photos). Il s'agit d'une vaste feuille de papier - en général du papier calque- sur laquelle est dessiné le décor à réaliser, à la taille du panneau de céramique souhaité. Le poncif mesure souvent plusieurs mètres ! Les contours des éléments du décor sont percés de petits trous avec une épingle. Le poncif ainsi obtenu est placé sur les carreaux fraîchement émaillés, et est recouvert d'une très fine poussière de charbon (« ponce ») qui passe par les trous et laisse une fine marque en pointillé sur l'émail humide.

Les décors sont peints à la main sur un émail encore humide. Fond émaillé et décors (« émaux ») peints à la main sont cuits ensemble. Cette seconde cuisson dure environ 12 heures et atteint 1.000 °C, température de vitrification de l'émail Les pigments sont emprisonnés dans l'émail ; le décor est donc très résistant. C'est ce que l'on nomme des décors de « faïence de grand feu ». Les couleurs (« émaux ») sont le résultat de la cuisson d'oxydes4_peinture_carreau_ceramiquecolorants naturels. Ils sont posés au pinceau sur un émail humide (voir photos) qui les absorbe immédiatement. Toute correction est donc impossible. La faïence de « petit feu », quant à elle, est une technique plus récente, née au XVIIIème siècle. Cela consiste à cuire d'abord l'émail de fond, toujours à 1.000 °C, puis à peindre le décor. Le carreau ou la pièce sont alors cuits une troisième fois pour fixer le décor, à environ 800° C. Ce dernier, est moins résistant car en surface.

Les couleurs de grand feu sont au nombre de 5 (« palette de grand feu ») : le cobalt pour le bleu, le cuivre pour le vert, l'antimoine pour le jaune, le fer pour l'ocre rouge, et le manganèse pour le brun rouge. L'utilisation de ces oxydes naturels, souvent instables à la cuisson, nous permet d'obtenir des couleurs nuancées conformes à celles des pièces originales.

La main de l'homme et le feu laissent leurs empreintes imprévues à chaque étape de ce long processus : chaque carreau de faïence, chaque céramique est réellement unique.

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